Ma robe pour le jour J… et après ?

 

Aujourd’hui, pas de nouvelle robe à vous présenter, mais un rapide article sur un sujet que je pensais aborder sur la page facebook de Fils en C, mais qui, finalement, mérite bien qu’on lui consacre un petit article ici.
Cela fait un bon moment que je dois aborder ce sujet (un énorme pardon à Claire, non non, je n’avais pas oublié, c’était juste enfoui au milieu d’une énorme « to do list »…) et, depuis, de nouveaux témoignages se sont ajoutés sur le sujet, à mon plus grand regret.

Ce sujet épineux dont je veux vous parler, c’est l’étape cruciale du passage au PRESSING !

2015 a été encore une belle saison pour Fils en C, des chouettes projets variés, avec des mariés enthousiastes. De la dentelle encore, de la couleur, parfois, un peu ou beaucoup. Comme chaque année, au moment de chaque livraison, j’ai donné mes traditionnels conseils pour l’après : Choisir son pressing avec soin, éviter, bien évidemment, toutes les grandes chaines, mais préférer un petit pressing de quartier qui a l’air d’aimer son métier et de travailler à l’ancienne. Ne pas hésiter à poser des questions et à ressortir aussi sec avec sa robe si on ne le « sent » pas. A la fin de la saison, j’ai commencé à ajouter le conseil : Ne pas hésiter, non plus, à préciser le prix de la robe, histoire que le pressing prenne votre robe un minimum au sérieux.
Pourquoi ? Parce qu’une robe dans des matières fragiles et nobles (soie, dentelle de Calais…), ça ne se traite pas comme une robe 100% polyester Made in China… Ça vous paraît logique ? Eh bien, figurez-vous que jusqu’ici, je pensais que c’était aussi tout à fait logique pour n’importe quel professionnel du nettoyage ! Mais je me suis trompée ! Et, après avoir été une oreille attentive pour 5 de mes mariées 2015 qui ont eu des mésaventures de pressing, je peux vous dire qu’en 2016, je vais améliorer mes recommandations à ce sujet, en ajoutant directement sur la robe des recommandations à l’intention du pressing. Rétrospectivement, je me demande même pourquoi je ne l’ai pas fait plus tôt, mais je le sais en fait : Je considérais qu’on pouvait faire confiance à 100% à des professionnels dont c’est le métier, et que je n’avais pas à leur apprendre comment le pratiquer…

Les ennuis ont commencé l’été dernier, quand Claire, une de mes mariées du mois de juin, m’a recontactée, catastrophée par l’état de sa robe à la sortie du pressing : Quelques trous dans la dentelle, et la bordure de celle-ci toute effilochée. Le monsieur du pressing (que je ne citerai pas, on dira juste que c’est à Guilers…), visiblement pas habitué à nettoyer des robes de ce genre après 30 ans de métier, et apparemment contrarié d’avoir une cliente mécontente, a quand même pris soin de me téléphoner pour se donner bonne conscience (et essayer de se donner raison !) en essayant de me faire avaler que c’était de ma faute si la dentelle s’était effilochée, car je ne l’avais pas ARRETEE, pas SURJETEE (Vous comprendrez par vous-même, en voyant les photos qui suivent, l’absurdité du truc, même si vous n’y connaissez rien à la couture, si si, je vous jure…) ! Après avoir récupéré la robe, j’ai découvert que je n’étais pas au bout de mes surprises, puisque j’ai constaté d’autres choses qui m’ont bien plus chagrinée, puisqu’elles témoignaient du travail absolument bâclé du pressing (une centaine d’euros le nettoyage, tout de même…) : La jupe en crêpe georgette de soie, coupée en biais, s’était rétractée au nettoyage, ce qui est tout à fait normal, mais n’avait pas été repassée bien à plat de manière à re-étirer les fibres pour que l’ourlet soit à nouveau comme avant, si bien que la couche du dessus, en crêpe georgette donc, était 5cm plus courte que le fond de jupe en crêpe de Chine! Impensable ! Voilà qui m’a suffi à déduire comment avait été fait le travail de nettoyage-repassage : complètement bâclé ! Il m’a fallu (seulement) une grosse heure, dont 40 minutes de repassage, pour « remettre en état » la robe et redonner le sourire à la mariée. Rien de bien compliqué, presque pas de couture (à part 1 ou 2 trous à reprendre dans la dentelle), bref, que des petites choses que le pressing aurait pu faire pour rendre une robe propre et en bon état… S’il avait eu un minimum le sens du détail, ou du travail bien fait (ou juste plus l’habitude de croiser de belles matières ?)

Voilà ce qu’il en est en images…Fils en C pressing repassage

Autre preuve de travail bâclé : Une tâche en bas de la jupe, que je n’ai pourtant pas eu de mal à faire partir avec un peu d’eau et de savon…Fils en C pressing tâche

Fils en C pressing tâches

Pour ce qui est des effilochures en bordure de dentelle : Il semblerait que ce soit une sorte de fatalité pour une dentelle fragile, lors d’un passage en machine de nettoyage à sec. OUI MAIS, y a-t-il moyen de régler l’intensité d’un tel nettoyage, pour l’adapter à un vêtement particulièrement fragile ? De le glisser dans un filet de protection ou autre pour limiter les dégâts (Il se trouve que la robe de Claire était dotée d’une jupe amovible, dans le but de la teindre par la suite. Le haut de la robe seul, sur son fond de corset et fond de jupe n’était vraiment pas volumineux et aurait probablement pu être glissé dans un grand filet…) ? Au moins le pressing aurait-il pu prendre une petite paire de ciseaux pour recouper ce qui s’effilochait et rendre la robe plus propre et présentable… Plutôt que de se dédouaner en me disant que c’était à moi d’arrêter la dentelle (effectivement, un surjet aurait été fort joli, et fort utile sur ce feston, n’est-ce pas ?!) (Non, monsieur, un dentelle, sur sa bordure, ça ne s’arrête pas, ça ne se surjette pas, puisque c’est une bordure !!!). En tous cas, je n’avais jamais eu de tels retours venant d’autres mariées pour qui j’ai utilisé cette même dentelle… Ont-elles eu plus de chance au pressing, ou ont-elles juste omis de m’en faire un retour ? Celles qui me lisent, je serais ravie d’avoir vos retours 😉

Fils en C pressing 3

Fils en C pressing 1

Fils en C pressing 2

Fils en C pressing

Voilà pour ce récit-coup de gueule. Cet épisode s’est malheureusement suivi de plusieurs autres mésaventures plus ou moins importantes chez d’autres marié(e)s de la saison… Notamment des problème de dé-teinte, même lorsque la touche de couleur se trouvait être sur une ceinture AMOVIBLE, qu’il suffisait donc de dé-pressionner avant le nettoyage ! Certaines mariées s’en sont finalement bien tirées, d’autres beaucoup moins bien, avec une tenue abîmée voire fichue, ce qui laisse un gout franchement amer après un mariage de rêve…

Bon, mais avec tout ça, que faire ?

-Déjà, je le dis et le re-dis, choisir consciencieusement son pressing, en attendant 3 mois s’il le faut pour mettre votre robe à nettoyer, mais si possible ne la laisser que dans un endroit que l’on vous a recommandé (je n’ai malheureusement, à ce jour, pas de retours suffisamment fiables pour pouvoir recommander un pressing plus qu’un autre autour de Brest. N’hésitez-pas à m’en faire part, si vous avez une bonne adresse !)

-Je le dis et le re-dis également, si vous n’avez pas un bon feeling avec la personne en face de vous ou le lieu, partez, et n’y laissez pas votre robe ! Avoir passé la porte d’un pressing de nous engage absolument pas à y laisser la tenue que vous avez de plus précieux ! Si vous ne le sentez pas, demi tour !

-Une fois choisi votre pressing, n’hésitez pas à parler des matières, du fait qu’elle est sur-mesure, donnez son prix, facture à l’appui s’il le faut. La personne en face de vous, si elle ne l’a pas déjà compris, devrait capter qu’il ne s’agit pas de 100% poly-chinois.

-De mon côté, pour cette nouvelle saison, je compte bien fournir, à la livraison de la robe, une petite fiche directement à l’intention du pressing, précisant les matières (qui sont aussi toujours indiquées sur l’étiquette de compo, dans la robe) et leurs spécificités, ainsi que les éventuelles précautions à prendre en conséquence.

-Ce sera également indiqué sur cette fiche, mais je le disais déjà les années précédentes : Donnez mon numéro de téléphone à la personne qui prend la robe au pressing, en précisant de ne surtout pas hésiter à me contacter en cas de doute, je me ferai un plaisir de leur répondre. (A ce jour, je n’ai JAMAIS eu le coup de fil d’un pressing AVANT le nettoyage d’une robe… Dommage…)

-Enfin, dans le cas où votre robe est composée d’une jupe et d’un haut séparés, avec, par exemple, un top comme celui de Delphine dans le dernier article, mon conseil est dorénavant le suivant : N’hésitez pas à le nettoyer vous même chez-vous, ou confiez-le à votre mère ou votre grand-mère ! Un top en dentelle (avec ou sans fond en soie) peut se tremper dans une petite bassine d’eau très légèrement savoneuse, puis dans de l’eau claire pour être rincé. Pour l’essorage, vous pouvez le poser à plat entre 2 serviettes et rouler l’ensemble sur lui-même en pressant un peu (et recommencer si nécessaire) et pour le séchage, hop, sur un cintre ! 80% de chance qu’il n’y ait même pas besoin de repassage (pour ça, si vous ne le sentez pas, il y a maman, mamie, ou passer à l’atelier en m’amadouant avec une quelconque gourmandise 😉 )

 

3 points pour conclure:

-Malgré le coup de gueule, et ces grosses déceptions sur ces mauvais retours en 2015, je précise qu’il y a aussi beaucoup de pressings qui font très bien leur travail, et cet article n’avait pas pour vocation à démonter la profession ! J’ai d’ailleurs eu la saison dernière, un excellent retour d’une mariée, qui m’a dit que la personne du pressing lui a dit que ça avait été un plaisir de nettoyer sa robe, qu’on sent que c’est du joli travail, et des belles matières, et que celles-ci sont plaisantes à nettoyer 🙂 Comme quoi, il y en a aussi qui font délicieusement la différence entre du sur-mesure en soie et du 100%poly-chinois…

-Et vous, mes jolies mariées dont je n’ai pas encore eu de retour sur le sujet, ça a donné quoi pour vous, le passage au pressing ? Vous voulez m’en faire un petit retour par mail ? Ou en commentaire sur la page facebook de Fils en C ?

-Une mariée m’a demandé récemment mon avis sur les produits et solutions « J’aime ma robe« , qui permettent de conserver au mieux votre robe de mariée. Je connais ce site depuis 1 an environ, lorsque j’ai été contactée par la marque pour un partenariat (ils ne m’ont d’ailleurs jamais rappelé après leur premier message, je ne les ai donc pas eu directement au téléphone), et j’ai pris le temps de parcourir leur site en détails. J’avoue que je suis un peu mitigée quand à la réelle utilité de ces produits. Je salue la démarche d’avoir fait les choses bien (mêmes matériaux que ceux qui conservent les costumes dans les musées, sérigraphies au ph neutre, etc etc), et je n’ai donc aucun doute sur la qualité des produits de conservation proposés. Mais est-ce vraiment utile ? Voulez-vous dépenser un certaine somme, prendre du temps pour ranger parfaitement votre robe qui, dès lors, deviendra une pièce de musée que vous ne pourrez plus manipuler facilement, plus regarder, toucher, et surtout réessayer facilement, tellement elle sera bien rangée dans sa boite ? Avez-vous vraiment la place pour le stockage à plat, actuellement, et dans vos éventuels logements futurs (on ne sait jamais, si vous partez vivre à l’autre bout du monde pendant quelques années, bonjour le cadeau empoisonné pour belle-maman, la maxi-grosse boite à stocker à plat dans une pièce de vie…) ? Si la réponse à toutes ces questions est oui, alors ces produits peuvent être une très bonne solution, et peut-être même que vous ne regretterez-pas ce choix quand vous serez arrière-grand-mère ! Dans le cas contraire, je pense sincèrement que la housse opaque que je fournis, suffit à conserver correctement la robe, même suspendue, à condition que celle-ci soit bien suspendue par les pendoirs, et non par les bretelles s’il y en a. On peut éventuellement rembourrer les extrémités du cintre avec un peu de papier de soie, si la robe n’est pas bustier. Je trouve que c’est un mode de conservation qui tient déjà pas mal la route…

Personnellement, je suis dans une phase de réduction des achats et en chemin vers le minimalisme, donc ce type d’achat (surtout volumineux, en plus !) éveille en moi ces questions indispensables à se poser avant d’investir : Est-ce que j’en ai vraiment besoin ? Est-ce que je peux faire autrement ? Est ce que j’ai la place ? Est-ce que même si j’ai la place maintenant ça ne risque pas de m’encombrer à long terme ?

Questions pratiques qui amènent à d’autres questions plus larges : Qu’est ce que j’ai vraiment envie de faire de ma robe de mariée maintenant que mon mariage est passé ? Elle est longue et en une seule pièce, je ne peux la reporter facilement, mais elle est unique et sur-mesure, je veux évidemment la garder, mais en faire quoi ? La garder dans une armoire pour dire de la garder, mais ne jamais ouvrir la housse ? La garder dans mon dressing, facilement accessible, et ouvrir la housse au moins une fois par mois pour me donner du baume au coeur ? La montrer à mes enfants ? Je l’aime tellement que je voudrais la voir tous les jours ? Pourquoi pas chiner un vieux mannequin, et la mettre dessus, pour la garder dans ma chambre et la voir tous les jours ? Oui, elle prendra la poussière et vieillira sans doute plus-vite qu’emballée dans une belle boite à plat, mais au moins elle me rendra heureuse tous les jours, elle aura une vraie utilité, non ? Finalement, POURQUOI je veux garder ma robe de mariée ? Pour la garder parfaitement en état, comme un témoin intact de mon mariage, que mes arrières petits enfants pourront déballer un jour ? Je veux qu’elle traverse les siècles ? Ou je la garde pour me rendre heureuse de la voir et la toucher, voire l’essayer,  régulièrement, et tant pis si dans 40 ou 50 ans elle est un tout petit peu (ou un peu plus) défraîchie ?

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Je vous laisse avec ces questions assez existentielles, finalement, tout en profitant de l’occasion pour souligner que personnellement, je suis de plus en plus motivée à encourager les mariées dans des projets de robes réutilisables, parce que le recyclage, ça n’est pas que mettre le plastique dans la poubelle jaune ! Réfléchir en amont au devenir de votre robe de mariée est très intéressant, et j’ai de plus en plus de mariées qui sont dans cet optique de vouloir réutiliser, reporter,  au moins en partie, leur robe de mariée. Ça colle parfaitement avec mon état d’esprit !

Et je terminerai, pour celles qui sont déjà mariées, avec un robe longue en une pièce, en vous soufflant l’idée de reporter votre robe pour le plaisir, tous les ans, ou tous les 5 ans, 10 ans, pour les anniversaires de mariage (une bonne motivation pour garder la ligne, non ?!), lors d’une grande fête, d’un dîner intime en amoureux à la maison… ou pourquoi pas au restaurant ?! J’ai une mariée 2015 qui l’a fait, et ce, sans occasion particulière ! Juste pour le plaisir, et parce qu’elle se trouvait dans un très joli château avec son chéri ! Oui, il faut oser, mais finalement, pourquoi pas ? Ça dérange qui ? Et si ça peut vous faire plaisir, pourquoi s’en priver ?!

A très bientôt pour la suite des nombreuses robes de mariées à vous montrer. Il y aura de la dentelle, d’ailleurs, et deux parties séparées 😉

(Note : Sur les 2 photos ci dessus et celle ci dessous, il s’agit d’une robe de mariée authentique, qui date environ de 1900, sur laquelle j’ai eu la chance de travailler lors d’un projet de fin d’études. C’était l’occasion de ressortir ces quelques photos… Et donner une échelle concrète, tant qu’on parle de conservation… 😉 )

Fils en C-robe de mariée authentique 1900

 

 

 

 

 

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